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Ces émotions qui prennent toute la place : ce que l’hypnose peut changer

30 sept.
3 min de lecture

Récemment, au cours d’une conversation avec une cliente, nous avons parlé des émotions qui prennent parfois beaucoup de place… et elle m'a parlé de ces « moments d’être » de Virginia Woolf : ces instants où, dans le quotidien le plus ordinaire, quelque chose devient soudain particulièrement vivant.


Cette conversation m’a donné envie de vous partager mes réflexions quant à ce que ces petits moments peuvent nous apprendre lorsque le stress ou l’anxiété occupent beaucoup de place dans notre quotidien.


Hypnose, stress et anxiété : ce que Virginia Woolf peut nous apprendre

Quand une émotion finit par occuper tout le paysage

Lorsque nous sommes anxieux, notre attention peut progressivement se concentrer sur ce qui nous inquiète : une sensation corporelle devient préoccupante, une pensée en entraîne une autre. nous anticipons, nous ruminons, nous cherchons des signes, nous essayons de comprendre, de prévoir, de contrôler.


Et sans même nous en rendre compte, notre attention peut se mettre à fonctionner comme un projecteur : elle éclaire principalement ce qui confirme notre inquiétude.


Tout le reste devient plus difficile à percevoir. Pourtant, cela ne signifie pas que tout le reste a disparu, il est toujours là. Simplement, notre attention n'y va plus.


Virginia Woolf et les « moments d'être »

Virginia Woolf décrit dans ses écrits des « moments d’être » : ces instants où, dans une situation parfois très ordinaire, quelque chose devient soudain particulièrement vivant : une lumière, une fleur, une sensation, un bruit, un visage, un souvenir, un détail que l'on aurait pu ne pas remarquer.


Pendant quelques instants, le quotidien semble prendre une autre profondeur. Ce qui m'intéresse ici n'est pas de transformer ces moments en recette contre l'anxiété. C'est plutôt ce qu'ils nous montrent : notre attention peut changer. Nous pouvons être absorbés par une pensée et, quelques secondes plus tard, remarquer quelque chose que nous n'avions pas vu. La situation n'a pas forcément changé, mais notre manière de le percevoir, elle, a changé.


Et si nous pouvions faire la même chose à l'intérieur de nous ?

C'est une question que j'explore régulièrement en hypnose.

Lorsqu'une personne est très anxieuse, il ne s'agit pas simplement de lui demander de « penser à autre chose ».


L'objectif peut être beaucoup plus subtil : apprendre progressivement à observer ce qui se passe en soi sans être automatiquement emporté par ce qui apparaît.

Une pensée anxieuse peut être remarquée comme une pensée.

Une sensation peut être observée sans lui donner immédiatement une signification.

Une émotion peut être accueillie sans devoir disparaître.

Et surtout, l'attention peut apprendre à se déplacer.


Le stress n'est pas toujours le problème… mais plutôt la place qu'il prend

Une émotion peut être parfaitement légitime.

Une inquiétude peut avoir une raison d'être.

Une tristesse peut avoir son histoire.

Le travail en hypnose ne consiste pas à faire comme si tout allait bien, il peut consister à retrouver un peu de liberté dans la manière dont nous portons notre attention.


l'idée est de passer de

« Je suis inquiet. »

à, progressivement :

« Je remarque que je suis inquiet. »

Et cette petite différence peut être importante.


Parce qu'entre être emporté par une expérience intérieure et l'observer, il existe déjà un espace.

Dans cet espace, il peut devenir possible de découvrir autre chose : une autre sensation, une autre image,un souvenir, un moment de calme, une curiosité, arfois même, un petit plaisir que l'on n'aurait pas remarqué autrement.


En hypnose, apprendre à élargir son regard intérieur

C'est l'une des choses que j'aime particulièrement dans l'hypnose : elle permet de travailler avec l'attention, l'imagination, les sensations et les associations de manière très concrète.


Il ne s'agit pas de lutter contre son esprit. Au contraire, il s'agit parfois de devenir plus curieux de ce qui s'y passe, de découvrir qu'une pensée n'est pas forcément une consigne, qu'une émotion n'est pas nécessairement un état permanent, qu'une sensation peut évoluer et que notre monde intérieur contient souvent davantage que ce que notre attention anxieuse nous laisse voir.


Et si vous commenciez simplement par cette question ?

Lorsque vous sentez que le stress ou l'anxiété prennent beaucoup de place, vous pouvez essayer de ne pas chercher immédiatement à les faire disparaître.

Simplement remarquer :

« Voilà ce que je ressens. »

Puis observer :

« Voilà ce que mon esprit me raconte à partir de ce que je ressens. »

Et enfin, avec curiosité :

« Qu'est-ce qu'il y a d'autre ? »

Il ne s'agit pas de nier ce qui est difficile.

Il s'agit de retrouver progressivement un champ de vision plus large.

Car lorsque l'anxiété prend toute la place, notre monde intérieur peut sembler se réduire à elle.


L'hypnose peut justement permettre d'explorer cet espace autrement : retrouver de la souplesse, déplacer son attention, découvrir d'autres perceptions et expérimenter une relation différente à ses pensées et à ses émotions.


Stéphanie Urfer – Hypnose Ericksonienne à Versailles



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